Les panneaux solaires souples, une réponse ciblée aux contraintes du tertiaire
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Solution de niche, les panneaux photovoltaïques souples répondent à des besoins de projets spécifiques, notamment dans le parc tertiaire. Moins performants que les panneaux rigides, ils font toutefois face à des contraintes techniques et économiques.

Les panneaux photovoltaïques souples se développent comme une alternative innovante dans le paysage du solaire, en particulier pour des applications spécifiques où les solutions traditionnelles atteignent leurs limites. Portée notamment par des acteurs comme ELIOVE, une entreprise de VINCI Energies Building Solutions, cette technologie suscite un intérêt croissant.
Spécialisée dans l’installation de solutions photovoltaïques pour tout type de bâtiment, ELIOVE propose une approche complète, allant de l’assistance à maîtrise d’ouvrage à l’exploitation-maintenance, en passant par la conception technique et financière. Son expertise s’appuie sur l’expérience de VINCI Energies, notamment dans le développement de centrales en toiture ou sur ombrières de parking. Dans ce cadre, les panneaux souples constituent une réponse adaptée à certaines contraintes structurelles.
Un marché encore émergent
« Pour le moment, ça reste un marché assez émergent », constate Houda Matta, cheffe d’entreprise d’ELIOVE. Une situation qui s’explique notamment par des performances inférieures à celles des panneaux rigides traditionnels. « Pour une même surface, nous avons presque 50 % de moins en puissance pour un prix assez élevé », souligne-t-elle. Au-delà du rendement et du prix, d’autres freins existent, comme « la complexité de la maintenance » et diverses contraintes techniques. Autant de facteurs qui « limitent aujourd’hui le déploiement [des panneaux souples] à grande échelle ».
Eviter les travaux lourds et coûteux
Malgré ces obstacles, les panneaux photovoltaïques souples trouvent leur pertinence dans des cas bien spécifiques, « en particulier dans le secteur tertiaire », note Houda Matta. « Ces solutions sont particulièrement adaptées aux bâtiments dont la toiture ne peut supporter des charges supplémentaires. Les panneaux souples deviennent alors une option viable. »
« Ces solutions sont particulièrement adaptées aux bâtiments dont la toiture ne peut supporter des charges supplémentaires. »
Dans certains cas, la solution souple permet d’éviter des travaux lourds et coûteux. Houda Matta insiste sur cet avantage économique : « Parfois, la refonte de l’étanchéité double le coût d’un projet. Or, sur une petite installation, fréquente dans le tertiaire, il n’est pas nécessaire de tout refaire. »
Des projets concrets illustrent déjà cette tendance. « Nous avons actuellement plusieurs projets en cours d’étude : des projets tertiaires, avec une étanchéité non technique de classe B (qui ne peut pas supporter une charge supérieure à 10 kg/m²) », explique-t-elle. Ces cas spécifiques mettent en évidence l’intérêt du photovoltaïque souple pour valoriser des surfaces autrement inexploitées.
Une solution complémentaire
Cependant, le cadre réglementaire et normatif reste en construction. « Il n’y a qu’une poignée de panneaux photovoltaïques souples qui arrivent à se faire certifier », regrette Houda Matta. Par ailleurs, certaines contraintes techniques peuvent impacter l’exploitation, notamment sur les toitures plates. « Le manque d’inclinaison affecte effectivement la maintenance si la toiture est plate et se remplit d’eau en cas de pluie. »
Les panneaux souples peinent encore à s’imposer comme une alternative majeure. D’autant qu’existent aussi de nouvelles solutions plus sécurisantes et qui répondent aux mêmes enjeux : les panneaux rigides légers avec des systèmes d’intégration et des complexes d’étanchéité légers. Le développement de technologies rigides allégées pourrait ainsi limiter l’essor du souple.
In fine, les panneaux photovoltaïques souples apparaissent comme une solution complémentaire, pertinente dans des contextes très ciblés, plutôt qu’une révolution du marché solaire. Leur avenir dépendra de l’amélioration de leurs performances, de la baisse des coûts et de leur intégration dans les standards du bâtiment.
D’ici là, ils continueront d’occuper une place stratégique sur des projets contraints, où leur flexibilité fait toute la différence.
13/07/2026