Sécuriser les infrastructures et protéger la biodiversité : l’apport de la tech
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Grâce aux drones et à l’IA, il est possible d’inspecter des lignes à haute tension de manière plus sûre et plus efficace, tout en protégeant les oiseaux et leurs habitats naturels. Démonstration avec Omexom en Allemagne.

Face au double impératif de fiabilité des réseaux électriques et de préservation de la biodiversité, les gestionnaires d’infrastructures doivent innover. La surveillance par drones, couplée à l’intelligence artificielle, apparaît comme une réponse concrète et efficace à ces enjeux.
En Allemagne, le projet mené par Omexom High Voltage sur la ligne aérienne de 380 kV Landsbergen – Borken en est une illustration, démontrant comment technologie et protection de la nature peuvent avancer main dans la main.
Les lignes électriques à haute tension traversent souvent des zones naturelles difficiles d’accès. Elles constituent aussi des sites de nidification privilégiés pour de nombreuses espèces d’oiseaux.
Or la législation allemande impose une protection stricte des espèces durant la période de reproduction, du 1er mars au 30 septembre. Les méthodes d’inspection traditionnelles, longues et risquées, peinent alors à concilier contraintes réglementaires, sécurité des équipes et continuité des travaux.
Jusqu’à trois vols par semaine
Pour répondre à ce défi, Omexom High Voltage déploie depuis 2025 une solution d’inspection numérique par drones autonomes. Sur le tracé de 60 km comptant 140 pylônes de la ligne Landsbergen – Borken, cinq stations d’accueil permettent des vols BVLOS (Beyond Visual Line of Sight, au-delà de la vue directe), pilotés depuis un centre de contrôle numérique.
Les drones effectuent jusqu’à trois vols par semaine et capturent des images haute résolution sous différents angles. Ces données sont ensuite analysées par une intelligence artificielle capable de détecter précocement les nids d’oiseaux, avec une vérification humaine lors des premières phases.
« Le suivi par drones a pour principal but l’identification en amont des obstacles aux travaux. »
Cette approche offre de nombreux bénéfices. Elle permet d’anticiper les contraintes liées à la protection des espèces, de planifier les interventions de manière conforme et de réduire significativement les risques pour le personnel. « Le suivi par drones a pour principal but l’identification en amont des obstacles aux travaux », souligne Thilo Gronholz, responsable des ventes chez Omexom High Voltage.
A cela s’ajoutent une documentation complète et fiable pour la maintenance, ainsi qu’une réduction notable des coûts et de l’empreinte environnementale des inspections.
Vers de nouvelles applications
Le projet a nécessité de relever des défis inédits, notamment en matière d’autorisations. « La ligne mesure 60 km, une distance trop importante pour être survolée à vue avec un seul drone », explique Thilo Gronholz, évoquant la complexité des vols longue distance et la nécessité de mettre en place des stations d’accueil.
Cette expérience a permis à Omexom High Voltage de renforcer sa maîtrise des technologies drones et de leurs limites, tout en ouvrant la voie à de nouvelles applications.
A l’avenir, Omexom High Voltage prévoit de créer son propre centre de contrôle de drones et d’étendre les usages : suivi de la biodiversité, inspections thermiques ou encore documentation de chantiers. Une évolution qui profitera à la fois aux opérateurs de réseaux et à l’environnement, en faisant de la surveillance par drones un levier clé pour sécuriser les infrastructures tout en protégeant durablement la biodiversité.
13/07/2026