© STIF, Transdev

En 2025, dans les grandes collectivités françaises, la totalité des bus devra « rouler propre ». A Argenteuil, on a déjà compris l’intérêt d’investir dans une plateforme de recharge intelligente.

Le bus 100 % électrique fait son apparition dans les réseaux de transport public urbain. En mai 2016, Paris étrennait sa première ligne tout électrique. La flotte de transports collectifs de la ville d’Argenteuil (Val-d’Oise) prendra le relais, avec à terme une dizaine de bus 100 % rechargeables. Pour les usagers, aucun changement dans le dessin des lignes ou les arrêts desservis. Pour la collectivité et l’exploitant, en revanche, bienvenue dans un nouveau système de mobilité, plus adapté aux besoins, plus intelligent, plus évolutif et tellement plus propre !

Le choix de l’électrique soulève plusieurs enjeux : dimensionnement et équipement des dépôts, approvisionnement en énergie électrique, gestion des temps de recharge et d’immobilisation des véhicules, gestion de l’autonomie et du kilométrage parcouru par chaque véhicule.

« Tout le défi consiste à garantir l’autonomie des bus tout en supprimant le pic de consommation lors de la charge. C’est là que l’intelligence de l’infrastructure entre en jeu. »

Comme tout appareil à batterie, un bus électrique se recharge, une fois son service terminé, au dépôt. Techniquement, l’alimentation d’un bus de démonstration est simple et maîtrisée. Ce qui est nouveau ici, c’est la capacité d’un opérateur à passer de l’unité pilote à l’échelle de la flotte en exploitation réelle.

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« En France, les gros dépôts avoisinent souvent les 250 bus. Tout le défi consiste à réduire le pic de consommation lors de la charge, afin d’abaisser les coûts d’investissement (infrastructure de recharge optimisée) et d’exploitation (abonnement et kWh). C’est là que l’intelligence de l’infrastructure entre en jeu : elle va permettre de réguler et de limiter la puissance énergétique requise tout en garantissant l’autonomie de chaque bus électrique », explique Nicolas Héritier, Urban Transport VP pour Mobility, société de VINCI Energies dédiée à la conception, l’équipement, la gestion et la sécurisation des infrastructures de transport, à l’origine de la solution mise en œuvre à Argenteuil.

Gestion prévisionnelle des flottes

Ici comme ailleurs, l’intelligence repose sur la capacité à collecter et à exploiter des données pour les transformer en information. Comment ça marche ? La plateforme déployée par Mobility, CWay, récupère et analyse plusieurs types de données tels que le niveau de chargement des batteries des bus rentrés au dépôt, leur grille d’exploitation (heure de départ, nombre de kilomètres à parcourir le lendemain), les conditions météo, les paramètres de trafic…

L’analyse de cette data permet au système de définir une offre de charge et de lisser l’alimentation électrique en tenant compte des besoins prévisionnels de chaque véhicule. Elle est également une source d’information précieuse sur l’état de la flotte et la gestion prévisionnelle de la maintenance et des renouvellements.

Au-delà de l’exploitation d’un nombre donné de véhicules, il s’agit également, au travers d’un système ouvert, de permettre un dimensionnement évolutif en fonction du développement du parc de bus électriques et du nombre : pas de surinvestissement initial et une gestion maîtrisée de l’évolution du parc électrique.

100 % de bus propres en 2025

S’il est encore marginal en termes de parts de parc, le marché du bus électrique est appelé à connaître une inflation rapide. Réduction des émissions pour la planète, confort d’usage pour les citadins, attractivité pour les territoires… mais aussi pression réglementaire : le récent décret du 11 janvier 2017 sur les bus à faibles émissions oblige en effet les agglomérations françaises de plus de 250 000 habitants ou concernées par un plan de protection de l’atmosphère à acheter, à partir de 2020, une proportion de plus en plus importante de bus propres, pour arriver à 100 % en 2025.

16/02/2017