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« As a service ». L’expression est devenue le credo des promoteurs d’une nouvelle approche des équilibres relationnels, informationnels et commerciaux au sein des entreprises. Un marché dynamique, mais encore en gestation.

Remontons aux sources. L’expression « as a service » vient de l’acronyme SaaS, pour software as a service, qui désigne la mise à disposition à distance par un fournisseur d’un logiciel en mode Web, délivrée par Internet et facturée à la consommation. Rapidement, elle a investi divers pans de services informatiques en se déclinant en infrastructure as a service (IaaS) et platform as a service (PaaS).

Ces diverses déclinaisons du « as a service » constituent d’ores et déjà un vrai marché. Selon une récente note du cabinet Gartner (Janvier 2016), la somme des solutions utilisées par les entreprises pour stocker en ligne des données et des applicatifs sur des serveurs partagés devrait générer en 2016 un business de 204 milliards de dollars. Avec, à la clé, de belles courbes de croissance : 20,3 % pour le SaaS, 38,4 % pour l’IaaS, 21,1 % pour le PaaS. Ainsi que 24,7 % pour les services de sécurité informatique.

Au croisement des grands enjeux liés à la triple révolution digitale, énergétique et sociale

Les atouts du modèle sont réels : des coûts de mise en place très faibles au regard des investissements dans des solutions « classiques » ; un coût total du service, coût opérationnel inclus, souvent moindre ; un pricing évolutif selon le niveau d’activité.

Au delà du Business Process as-a-service (BPaaS) qui modélise des fonctions de l’entreprise une à une (RH, comptabilité, logistique, …), la portée du « as a service » s’apprécie véritablement à la capacité des entreprises à extraire ces nouveaux modèles de production et d’usage de la stricte sphère informatique pour les appliquer à des pans entiers d’activité : industry as a service, city as a service, energy as a service… Le « as a service » se retrouve de fait au croisement des grands enjeux liés à la triple révolution digitale, énergétique et sociale.

Le cloud comme épicentre

Epicentre de cette nébuleuse : le cloud. Moins offre que concept, le cloud mélange externalisation et dématérialisation, ouvrant de gigantesques perspectives pour de nouveaux business models basés sur la déportation et la mutualisation des ressources. En ce sens, le « as a service » peut être envisagé comme un des catalyseurs d’une nouvelle économie servicielle, d’une économie de l’usage et d’une économie de la fonctionnalité.

Si la voie semble tracée, elle est encore semée d’obstacles. « Les entreprises sont confrontées à des défis majeurs liés à l’évolution de l’activité numérique et à un contexte compétitif qui pousse à augmenter les revenus et réduire les coûts tout en améliorant l’expérience client. Mais elles ne ressentent pas encore suffisamment l’urgence – ou n’ont simplement pas les capacités – de réaliser un changement à court terme », souligne Thierry Decroix, directeur exécutif d’Accenture Operations pour la France. Le cabinet a publié, en juillet 2015, une étude titrée « Opportunities in the Emerging As-a-Service Economy ».

Des freins à lever

La sédimentation du modèle « as a service » jusque dans les grands marchés porteurs d’innovation nécessite la levée de certains freins au sein des entreprises. Qu’il s’agisse de freins techniques, culturels ou organisationnels.

Pour les entreprises, la migration progressive vers une logique servicielle n’implique pas d’emblée la mobilisation de toutes les parties prenantes. Il est plus agile d’opter pour des approches et des investissements gradués. Exploiter au mieux les potentiels de la technologie permet de simplifier les processus, de favoriser l’analyse des données et de calquer les organisations sur les usages internes et externes.

Pour VINCI Energies, comme pour la plupart des grands groupes industriels, c’est un changement majeur dans la façon de construire des offres et d’appréhender les marchés, source d’opportunités fortes de faire évoluer la chaîne de valeur au profit des sociétés les plus agiles et innovantes.

12/10/2016