Fin septembre 2016 était inauguré à Saclay Factory Lab, lieu de rencontre et d’innovation consacré à l’usine de demain. Un peu plus de deux ans plus tard, quel premier bilan tirer de cette initiative multipartenariale ? Eléments de réponse avec Actemium, membre fondateur de Factory Lab, qui s’est investi sur trois projets innovants.

© Signal vibrosensoriel de tâche rare montre connectée, PSA, IMPROVE, 2018, FactoryLab

Au-delà des effets d’annonce, comment avance concrètement « l’usine du futur » ? Des réponses s’élaborent dans des lieux comme Factory Lab, à Saclay, où partenaires industriels et académiques ont été rassemblés par le CEA. Un peu plus de deux ans après l’ouverture de Factory Lab fin septembre 2016, où en est-on ?

Membre fondateur, Actemium, la marque de VINCI Energies proposant des solutions et services durables dédiés à la performance industrielle, contribue à faire naître l’usine de demain à travers trois projets qui testent des innovations technologiques sur des problématiques concrètes.

Basés sur une démarche de co-innovation, les projets regroupent des collaborateurs des différentes sociétés membres de Factory Lab, ce qui présente « un vrai intérêt pour définir collégialement tant les besoins que les solutions pour répondre à ces besoins », précise Sylvain Reumeau, directeur chez VINCI Energies.

La co-innovation a permis de mutualiser les compétences des partenaires de Factory Lab afin de s’appuyer sur les connaissances spécifiques de chacun et d’approfondir davantage les différentes problématiques rencontrées durant le projet (techniques, sécuritaires). Pouvoir accéder à des données industrielles réelles et confidentielles, travailler avec les utilisateurs finaux industriels, mais aussi les fournisseurs, constitue également des atouts majeurs de cette démarche.

Deux ans après l’ouverture de Factory Lab, les trois projets impliquant Actemium ont donné lieu à la réalisation de démonstrateurs technologiques.

  1. Anticiper les pannes jusqu’à huit semaines

Avec le projet MaPoP, maintenance prédictive des outils de production, Factory Lab a développé une solution qui permet notamment d’anticiper plusieurs scénarios de pannes, jusqu’à huit semaines en avance selon les cas. L’intérêt est triple puisque cette solution permet de prévoir les opérations de maintenance, l’approvisionnement des pièces de rechange et d’augmenter la disponibilité des équipements. Afin d’atteindre ce résultat, Actemium a intégré les solutions logicielles existantes de data analytics des acteurs du projet et créé l’interface homme-machine (IHM) de la solution pour répondre aux problématiques de la maintenance prédictive. Les algorithmes prédictifs ont ensuite été évalués sur des cas d’usage réels de l’industrie aéronautique et automobile avec plusieurs scénarios de pannes ciblées et ont été validés par les services maintenance respectifs.

  1. Simplifier la manutention de charges

Le projet AMM20, mené avec Actemium Poissy, a permis de définir et réaliser un prototype fonctionnel d’aide à la manutention mobile de profilés métalliques pouvant atteindre 6 m et 50 kg. Testé sur le site de Naval Group, ce système simplifie la manutention et réduit la pénibilité pour l’opérateur. Composé d’un véhicule à guidage automatique (AGV), il se déplace de manière autonome et se repère dans l’espace grâce à une cartographie de l’atelier réalisée en amont. Il est par ailleurs constitué d’un moyen de manutention équipé notamment d’un manipulateur équilibreur utilisé via une poignée sensitive, ainsi que d’une remorque de stockage des pièces. Alimenté par des batteries, l’ensemble est autonome lors de son utilisation et se recharge hors production.

  1. Choisir le bon cobot

Face à la multitude de robots collaboratifs sortant sur le marché et pour aider au choix des industriels, un benchmark a été réalisé dans le cadre du projet Cobobench avec Actemium Rennes. En effet, l’objectif d’utiliser de tels équipements permettrait d’avoir des installations plus simples avec une vraie interaction entre l’homme et la machine selon des coûts d’investissement plus réduits qu’une installation de robotique classique. En se basant sur un cas d’usage d’assemblage chez PSA, la mise en place de turbo sur un moteur, trois cobots ont été testés sur un banc d’essai selon trois scénarios différents (ergonomie : port de charge ; vissage ; petit assemblage). Ce travail a permis de délimiter leurs points forts et points faibles selon les tâches à réaliser, par exemple s’interfacer avec un équipement externe, apprendre une trajectoire…

« Les prochains projets pourront être orientés soit sur de nouveaux besoins des industriels de Factory Lab, soit être dans la continuité des premières expérimentations, après retour des utilisateurs finaux », indique Sylvain Reumeau.

17/01/2019