La solution de sérialisation développée par Courbon Software donne accès à toutes les informations en temps réel et à tous les acteurs d’une chaîne de valeur, garantissant traçabilité et sécurité.

La contrefaçon est un fléau pour de nombreux secteurs de l’économie marchande. Dans l’univers pharmaceutique, par exemple, l’Organisation mondiale de la santé estime à 200 milliards d’euros le coût des médicaments contrefaits, soit 7 à 10 % des produits commercialisés dans le monde. Dans le secteur des vins et spiritueux, ce ne sont pas moins de 70 % des produits qui sont frauduleux en Asie du Sud-Est.

« L’intérêt de cette solution de sérialisation est de proposer un système global de traçabilité accessible à tous les acteurs d’une filière. »

Ce problème financier est aussi un problème de santé publique avec des conséquences qui peuvent être graves. Conséquence en partie de ce phénomène, mais aussi des multiples crises sanitaires ces dernières années, le consommateur est de plus en plus en quête d’informations précises et vérifiées sur les produits qu’il achète.

C’est dans ce contexte que de nouvelles lois et réglementations ont vu le jour afin d’assurer une traçabilité globale des produits, d’en garantir la conformité et la sécurité, et de s’adapter aux nouvelles demandes des consommateurs. Ainsi, dans le secteur pharmaceutique, une directive européenne impose depuis février 2019 la sérialisation des médicaments remboursables par un marquage de chaque produit avec un code unique.

Données dynamiques

Dans ce domaine, Courbon Software (VINCI Energies), éditeur de logiciels MES (Manufacturing Execution System), développe des progiciels gérant les données en temps réel, dites données dynamiques, de produits tout au long de leur vie.

Sa première application de sérialisation a été mise en œuvre en 2013 pour le marché des explosifs civils. Mais c’est pour le compte des secteurs phytosanitaire et pharmaceutique que Courbon Software a pu déployer ces solutions à grande échelle avec, à ce jour, une cinquantaine de lignes de production équipées chez BASF et environ trois cents lignes en pharmacie, dont quarante-cinq chez le fabricant de médicaments Delpharm.

La solution de sérialisation de Courbon Software permet d’obtenir une traçabilité complète d’un produit grâce à un numéro de série unique apposé sur chacun d’entre eux avec un QR Code ou un « datamatrix ». Les packagings et les palettes transportant les produits sont eux-mêmes identifiés par un code également unique.

« L’intérêt de cette solution est de proposer un système global de traçabilité accessible à tous les acteurs d’une filière (fabricants, logisticiens, distributeurs…) qui poussent des données via le cloud en respectant la même norme, en l’occurrence EPCIS de GS1 », détaille Jean-Michel Blanc, responsable commercial Solutions Industrielles et Logicielles-MES de Courbon Software.

Applications BtoC

L’intention désormais est d’étendre cette solution à des applications BtoC afin de répondre à la demande d’information du consommateur final tant sur l’origine et le parcours du produit que sur l’identification et la provenance de ses ingrédients.

« Nous visons d’autres marchés comme celui de la cosmétique pour lequel nous développons actuellement un projet, mais aussi ceux des dispositifs médicaux, des vins et spiritueux, du luxe et de l’agroalimentaire. Pour Labeyrie, par exemple, nous mettons en œuvre un MES, mais pour l’heure uniquement en vue d’une traçabilité intra-muros », note Jean-Michel Blanc.

L’intégration de données dynamiques sur toute une filière, rendue possible par les nouvelles technologies (cloud, RFID, QR Code, IoT et à terme Blockchain pour l’authentification de la data…), permet d’offrir une traçabilité bien plus fine que celle proposée par des applications comme Yuka dans le domaine de l’agroalimentaire et de la cosmétique, qui restent basées sur des données statiques.

« La solution de Courbon Software, elle, travaille sur des données dynamiques. En donnant ainsi accès à toutes les informations en temps réel, comme un changement de recette pour un produit alimentaire par exemple, tous les acteurs de la chaîne jusqu’au consommateur final peuvent connaître chaque étape de production et de distribution du produit », souligne Jean-Michel Blanc.

17/12/2020